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Propositions de ICG sur la crise dans le Delta du Niger

Abuja, Nigeria (PANA) - Tous les efforts pour ramener la stabilité dans la région pétrolifère du Delta du Niger au Nigeria vont rester vains si le gouvernement nigérian refuse de consulter les communautés locales sur les nouvelles opérations pétrolières, estime International Crisis Group (ICG), un groupe de réflexion basé à Bruxelles.

Dans son dernier rapport intitulé "Nigeria: les terres Ogoni après Shell", ICG indique que le processus de paix dans les territoires Ogoni reste le principal test pour les efforts du gouvernement visant à ramener la paix dans cette région en proie à des troubles.
Le groupe a étudié les implications politiques et économiques du départ de la "Shell Petroleum Development Company" (SPDC) du territoire Ogoni et sur "les activités en général dans cette région stratégique au plan économique et politiquement instable".
Le directeur des Programmes pour l'Afrique de ICG, François Grignon, dit du processus de paix dans l'Ogoniland que: "s'il est mené prudemment, cette transition peut persuader certains des groupes armés de la région que la non-violence peut être un moyen de se faire entendre.
"Mais si, par contre, il n'est pas mené avec toutes les précautions requises, il va non seulement intensifier la rebellion armée dans le Delta du Niger mais également provoquer une nouvelle crise entre la tribu Ogoni et le successeur de la SPDC".
La décision du 04 juin 2008 du gouvernement nigérian de remplacer Shell par une autre compagnie dans l'Ogoniland avait d'abord été accueillie par le peuple Ogoni comme une victoire de la lutte non-violente et des communautés locales sur une multinationale pétrolière.
Mais le gouvernement n'a pas tardé à annoncer que la concession serait reprise par la Nigerian Petroleum Development Company. Les Ogonis considèrent cet engagement unilatéral par le gouvernement d'un nouvel opérateur comme une autre tentative de les priver de leurs droits en tant que partie intéressée.
D'après l'ICG, "en outre, très peu a été fait pour mettre fin à la pollution de l'environnement résultant de trois décennies d'opérations de la SPDC ou pour dédommager les communautés les plus affectées par ces opérations."
Le président Umaru Yar'Adua a affirmé que des accords ont été passés concernant les indemnisations, mais les leaders Ogoni indiquent que cette question n'a même pas été abordée.
"Une initiative de dépollution impliquant le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) n'a jamais démarré.
"Le gouvernement fédéral doit prendre l'initiative de la négociation d'un accord tripartite avec les nouvelles compagnis pétrolières et les représentants de la communauté Ogoni sur les conditions à remplir avant le démarrage des opérations.
"Les détails et modalités du réinvestissement d'une partie des recettes pétrolières dans le territoire Ogoni doivent être inclus. En outre, il est essentiel de mettre en oeuvre des mesures socio-économiques concrètes pour remettre en place les infrastructures de base et renforcer la formation locale et l'emploi.
"Bien que le territoire Ogoni ne produise qu'une petite partie du pétrole du Delta du Niger, les effets sur l'environnement de l'exploration et de la production pétrolières y ont entretenu la rebellion armée", indique Nnamdi Obasi, l'analyste en chef pour l'Afrique de l'Ouest de l'International Crisis Group.
"Le gouvernement doit rapidement régler les questions de l'assainissemen, de l'environnement et des indemnisations à verser aux communautés touchées et apporter des solutions aux problèmes plus larges de la marginalisation politique et du dénuement économique", a ajouté M. Obasi.

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