Les riziculteurs africains en marche vers l'autosuffisance
Lagos, Nigeria (PANA) - L'Alliance pour une Révolution verte en Afrique (AGRA) a annoncé mercredi que les riziculteurs africains ont réalisé des “avancées significatives” sur la voie de l'autosuffisance et de l'accroissement de la production africaine de riz, note un communiqué de l'Alliance, transmis à la PANA à Lagos, au Nigeria.
Cette annonce a été faite à l'occasion de la réunion inaugurale de Kampala, en Ouganda, du Réseau des Riziculteurs, un consortium qui réunit d'éminents riziculteurs, chercheurs et producteurs de semences de plus de 10 pays africains.
Elle est intervenue sur fond de préoccupations de plus en plus vives concernant l'impact de la hausse du prix des denrées alimentaires et des nouvelles restrictions sur les exportations de riz en provenance des pays asiatiques frappés par les difficiles conditions climatiques.
Le communiqué note que les dernières avancées résultent en grande partie du financement de l'AGRA, dont le siège est à Nairobi, au Kenya, et qui a également annoncé des plans ambitieux visant à soutenir le développement et la mise en circulation au Mozambique, au Kenya, en Ouganda, au Mali, au Nigeria et au Malawi de nouvelles variétés de riz qui devraient permettre l'augmentation de la production locale, améliorer la sécurité alimentaire au niveau de la région et réduire la trop forte dépendance de l'Afrique vis-à-vis des importations en provenance d'Asie.
En sus des pays susmentionnés, les participants au réseau provenaient aussi du Bénin, du Ghana, de l'Afrique du Sud et de la Tanzanie.
“Les récents succès et les futurs efforts tournent autour de l'exploitation adaptée du Nerica, une variété hybride résistante et très productive d'espèces de riz africain et asiatique”, a encore mentionné l'AGRA.
On rappelle que le Prix mondial de l'alimentation 2004 avait été décerné à des scientifiques pour leurs travaux sur le Nerica.
Le Nerica, qui est un riz de “haute terre”, n'est pas exclusivement produit dans les rizières, ce qui permet donc aux agriculteurs africains d'exploiter le riz sur des sites auxquels personne n'aurait songé auparavant.
Cependant, pour que le Nerica soit utile, il faut que les agriculteurs disposent de variétés adaptées à l'environnement locale, à maturité précoce, résistantes aux affections, ayant aussi l'arôme et le goût que les communautés locales préfèrent. Il leur faut aussi des “épis” qui protègent le riz des agressions des oiseaux affamés.
Grâce à la mise au point et à la mise en circulation de variétés de riz de haute et de basse terre irriguées et résistantes au stress, la production a commencé à croître de manière significative dans certains pays, notamment en Ouganda.
Dans le même temps, il convient, si l'on veut maximiser les gains, de mettre en place des programmes publics et bien structurés d'appui à la riziculture et de distribution de semences.
“La consommation de riz en Afrique est supérieure à la production. Seuls 54 pour cent de la consommation de riz en Afrique subsaharienne sont produits localement”, avait déclaré Jane Ininda, chargée de programme à l'AGRA, au cours de la rencontre de Kampala.
“Les agriculteurs ont besoin de variétés à rendement élevé et adaptées aux conditions locales pour augmenter leur production et mettre un terme à la situation de crise alimentaire qui sévit en Afrique. Les gouvernements devraient aussi élaborer des politiques susceptibles d'accélérer l'exploitation et la distribution de nouvelles variétés. L'heure est arrivée d'agir en urgence”, a-t-elle ajouté.
La consommation de riz en Afrique subsaharienne augmente plus vite que celle de n'importe quel autre aliment de base.
Chose étrange, alors que l'on aurait dû veiller à augmenter la production locale, ce sont plutôt les importations qui ont connu une forte croissance.
Au Mali, par exemple, les importations de riz ont doublé sur une période de quatre ans, entraînant une augmentation de 51.969 tonnes en 2000, à 105.390 tonnes en 2004.
“Nous demeurerons confrontés à des crises alimentaires aussi longtemps que l'Afrique continuera de dépendre des importations pour satisfaire la demande de nourriture, alors que les prix ne cessent de grimper pour les consommateurs”, a indiqué le Dr Namanga Ngongi, président de l'AGRA.
“Nous devons renforcer la production agricole. Il nous faut cultiver notre propre nourriture”, a-t-il encore ajouté.
L'AGRA est une organisation basée sur le partenariat qui oeuvre dans toute l'Afrique subsaharienne à l'éradication de la pauvreté et de la faim dans les communautés rurales en améliorant la productivité et la durabilité des petites exploitations agricoles.
L'AGRA finance la réunion du réseau des riziculteurs et de nombreux efforts novateurs dans le domaine agricole.
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