Libération de 23 sécessionnistes anglophones du Cameroun
Douala, Cameroun (PANA) - Un groupe de 23 militants du "Southern Cameroon National Council" (SCNC), un mouvement sécessionniste anglophone, arrêtés le 6 octobre courant pour "réunion illégale" à Tiko, dans la province du Sud-Ouest, ont été remis en liberté provisoire, a appris la PANA lundi de source autorisée.
Selon Me Blaise Berinyuy, l’avocat conseil des 23 militants du SCNC que la PANA a eu au téléphone, cette libération fait suite à une demande de mise en liberté provisoire introduite par la défense auprès du tribunal de première instance de Tiko qui lui a donné une suite favorable. Arrêtés le 6 octobre 2008, les 23 irrédentistes avaient été gardés à vue à la cellule du commissariat de Police de Tiko, à 20 kilomètres de Douala, la capitale économique du Cameroun.
Parmi les 23 militants arrêtés dans un domicile privé où ils tenaient une réunion présumée illégale, figure Ayamba Ette Otun, 82 ans, chef du Southern Cameroons National Council (SCNC). A en croire Me Blaise Berinyuy, l'affaire pour laquelle ils ont été arrêtés a été enrôlée au Tribunal de première instance (TPI) de Tiko et sera jugée le 8 décembre.
Le SCNC, considéré comme illégal par les autorités camerounaises, appelle depuis 1993 à la sécession des deux provinces anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, voisines du Nigeria, dénonçant la marginalisation dont fait l'objet la minorité anglophone du pays.
Les militants de ce mouvement irrédentiste sont régulièrement arrêtés, notamment à l'approche de chaque 1er octobre, date anniversaire de la réunification des deux Camerounes anglophone et francophone, en 1961.
En 2001, trois membres du SCNC ont été tués et cinq autres blessés par les forces de défense du Cameroun, tandis qu’en 2006, une cinquantaine de sécessionnistes avaient été arrêtés à Buea (Sud- Ouest) et à Bamenda avant d'être libérés quelques jours plus tard sans être inculpés.
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