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Le contre-espionnage économique (1ere partie)

Il est très difficile de savoir combien d’institutions gouvernementales, d’industries, d’études d’avocats, d’individus sont écoutés illégalement chaque jour. L’écoute et la vidéo surveillance illicites permettent un succès quotidien dans des domaines divers : Négociations ou conflits entre syndicats et direction dans les entreprises, nouveaux produits, nouvelles stratégies, informations financières capitales, savoir faire high-tech, argumentation sur des dossiers confidentiels, conditions de contrats, marges de manœuvre, seuils d’acceptation, etc.

La progression de l’espionnage économique en France de 1995 à 1999 a été de 22% par an ! Les derniers chiffres, tout aussi alarmants, montrent que cette activité reste en progression. Par pudeur, personne n’ose avouer lorsqu’il subit une attaque de ce type, tandis que d’autres mettent de très nombreuses années pour s'n apercevoir ! Par conséquent, aucune statistique n’est publiée faute d’obtenir des données précises.

Qui pose généralement des écoutes ? (source : division intelink, groupe Digital Network)

  • Les détectives privés
  • Les clients et partenaires
  • Les techniciens de surface
  • Les agents de sécurité
  • Les collaborateurs
  • Les faux cambrioleurs
  • Des prestataires de services de tous bords (électriciens, décorateurs, réparateurs, consultants etc.)

Pour différentes raisons, et pour une période plus ou moins longue, ces personnes se trouvent généralement seules ou peu surveillées dans les locaux de leur cible, et sont donc potentiellement, par nature, des candidats à la pose (ou peuvent le devenir suite à une offre pécuniaire consistante, un chantage ou d'autres motivations professionnelles ou personnelles)..

Qu’elles sont les conséquences de cet espionnage ?

Elles sont nombreuses, citons entre autre, les pertes financières importantes, les perte de compétitivité, dégradation de l’image de marque Le départ de clients importants, le découragement du personnel de l’entreprise, etc.

Bien que certains secteurs soient plus touchés que d'autres, toutes les entreprises sont concernées. Les préjudices engendrés étant de plus en plus importants, il est nécessaire d'adopter une approche globale de sécurité pour obtenir des résultats probants.

La stratégie de prévention

Définir une stratégie de prévention, la formaliser par une charte où une politique de sécurité, controler l'application, l'adapter aux évènements, valiser sa pertinence régulièrement, installer des systèmes adéquats, pratiquer des contrôles régulièrements, toutes ces mesures (liste non exhaustive) sont des maillons critiques de la chaine. Mais le plus important, c'est la réactivité : attendre peut signifier la fin ; le temps qui passe, c'est le temps d'être totalement vidé de sa substance ; le temps passé dans l'incrédulité, c'est le temps nécessaire pour sauver son entreprise... ou la perdre. Si la réaction se fait trop attendre (exemple Buffalo Grill), tout est perdu : le mal est fait, et si, par chance, la société ne disparait pas, il lui faudra des années (sans toutefois se remettre totalement) pour revenir sur le devant de la scène.

La recherche des écoutes illicites

Aux vues des différentes menaces édictées auparavant il est nécessaire de pratiquer des contrôles techniques, notamment sur la recherche d'écoutes illicites d’ambiance, sur les supports téléphoniques (conversations, fax), et sur le système d'information. Il faut, pour obtenir un bon résultat, posséder des équipements et des logiciels performants et adaptés, mais il faut surtout une équipe de professionnels qualifiés, qui entretient une veille permanente sur les secteurs concernés, faute de quoi le résultat obtenu est rarement probant.

Les contre mesures électroniques

Elles sont nombreuses, citons notamment :

  • Détection de micros émetteurs "d’ambiance" par transmission radio,
  • détection de micros émetteurs "d’ambiance" par transmission infrarouge,
  • détection de micros émetteurs "d’ambiance" par transmission GSM,
  • détection d’enregistreurs, magnétophones avec micro "d’ambiance",
  • détection de dispositif d’écoute "d’ambiance" ou téléphonique par courant porteur,
  • détection de dispositif de vidéo "espion" par transmission hertzienne ou filaire,
  • détection de micros émetteurs téléphoniques,
  • détection de bretelles ou dérivations téléphoniques,
  • détection d’enregistreurs téléphoniques,
  • détection de télécommandes radio pour ces dispositifs,
  • Détection de tout dispositif électronique dissimulé et illicite.

Matériels de détections utilisés et mode opératoire

Pour chaque zone sensible, un spécialiste du « dépoussiérage » utilisera, par exemple, l’OSCOR, qui grâce à son récepteur digital synthétiseur de grande sensibilité lui permet de vérifier :

Les fréquences audio 50Hz - 15KHz Les fréquences radios 500KHz - 3GHz découpées en trois intervalles distincts : La bande FM/AM 500KHz - 5MHz La bande FM/AM 5MHz - 1500MHz La bande FM/AM 1500MHz - 3000MHz Ces bandes de fréquences sont ainsi découpées car elles sont les plus "dangereuses", en effet, 80% des dispositifs de surveillances clandestins sont localisables sur et dans ces intervalles.

Les fréquences infrarouges 850 - 1070nm Les fréquences transitant sur le courant porteur

Pour toutes ces fréquences, un mode d’analyse audio démodule les signaux reçus et fournit un signal de verrouillage pour appuyer la corrélation. Le corrélateur utilise ensuite un modèle d’harmonisation des sons passifs pour détecter les dispositifs d’écoutes. Tous les signaux reçus sur les intervalles de fréquences sont stockés avec un rappel ultérieur possible.

Le même spécialiste va ensuite utiliser l’ORION qui est un détecteur de jonctions non linéaires. Il est utilisé pour détecter les dispositifs électroniques d’écoutes illicites à l’intérieur des faux plafonds, murs ou tout autres objets. De par ses spécificités, cet appareil facilite grandement la fouille physique, opération de base dans tous travaux de contre mesure électronique. En effet, il sera inutile de démonter un faux plafond ou un faux plancher pour détecter et localiser avec précision (de l’ordre de 2-5 cm) les dispositifs illégaux. C’est un gain de temps mais surtout d’efficacité.

Cet appareil détecte les jonctions présentes dans les semi-conducteurs, composant principal des dispositifs d’écoutes électroniques modernes. Grâce à ce système de détection original, l’ORION va donc détecter indifféremment un micro en activité ou en « stand by », c’est-à-dire qu’il va jusqu’à trouver des dispositifs en veille...

Les deux appareils utilisés sont donc complémentaires et leur utilisation combinée apporte un niveau de détection inégalé dans le domaine de la contre mesure électronique.

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