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La dynamique du champ magnétique terrestre
La Terre a subi au cours des âges géologiques plusieurs renversements erratiques de son champ magnétique. Celui du soleil se renverse quant à lui périodiquement selon son cycle d'activité de 22 ans. Ces dynamiques magnétiques, encore assez mystérieuses, jouent un rôle dans l'exposition de notre planète aux rayons cosmiques. La collaboration VKS(1) (CEA(2), CNRS(3),(4), Ecole normale supérieure de Lyon(3), Ecole normale supérieure-Paris(4)) a observé pour la première fois en laboratoire des renversements d'un champ magnétique dans un écoulement très turbulent de sodium liquide. Ces expériences devraient permettre de mieux comprendre la dynamique des champs magnétiques cosmiques. Ce résultat est publié dans Europhysics Letters, volume 77, de mars 2007.
Mucoviscidose : une nouvelle approche thérapeutique
Des tests génétiques pourraient permettre de cibler des traitements efficaces pour les patients atteints de mucoviscidose. À l'origine de ce résultat, Aleksander Edelman, directeur de recherche CNRS au sein de l'unité Inserm 845 "Centre de recherche croissance et signalisation", et sa collègue Isabelle Sermet-Gaudelus (1), en collaboration avec l'équipe de Jean-Pierre Rousset (Institut de génétique et microbiologie, CNRS / Université Paris 11) et plusieurs centres hospitaliers, ont mis en évidence que certains malades atteints de mucoviscidose et présentant un type très particulier de mutation du gène CFTR (2) pouvaient bénéficier d'un traitement par la gentamicine, un antibiotique couramment utilisé. Publiée dans BMC Medicine le 30 mars 2007, cette étude ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques pour la mucoviscidose mais également pour d'autres maladies à "codons stop", comme certaines myopathies.
Malaria : plus de 4,3 millions de médicaments testés grâce aux grilles de calcul
La seconde phase de l'expérience Wisdom (1), menée par une collaboration internationale à laquelle participe notamment l'IN2P3 (2) /CNRS, s'est achevée le 31 janvier. Grâce à l'association de plusieurs grilles de calcul internationales (3), dont la grille européenne Egee (4), elle a permis d'analyser près de 80 000 médicaments potentiels par heure pendant 10 semaines, pour le traitement de la malaria. Wisdom ouvre la voie à de nouvelles perspectives thérapeutiques pour le traitement de cette maladie mais également pour combattre d'autres maladies tropicales.
Y-a-t-il un pilote dans l'insecte ?
Tout comme le pilote humain, l'insecte utilise sa vision pour se piloter dans les airs. Les signaux électriques issus de son œil à facettes excitent, par l'intermédiaire de neurones spécialisés, les muscles des ailes permettant à l'animal de redresser son vol et d'éviter les crashs. Ces mêmes neurones seraient-ils impliqués dans une sorte de « pilote automatique » ? C'est ce que viennent de démontrer Nicolas Franceschini, Franck Ruffier et Julien Serres, spécialistes de biorobotique au laboratoire Mouvement et perception (CNRS/Université de la Méditerranée) à Marseille, en mettant en évidence un automatisme appelé « régulateur de flux optique » commandant la force de sustentation. Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont modélisé la navigation d'un insecte au dessus du sol à partir d'expériences réalisées sur le robot volant OCTAVE, un micro-hélicoptère captif qui parvient à reproduire nombre de comportements naturels énigmatiques. Leurs travaux sont publiés en ligne le 8 février 2007 dans la revue Current biology.
Prise de décision : mise en évidence d'un lien entre cognition et exécution
Une équipe de chercheurs du laboratoire "Mouvement, adaptation, cognition" (CNRS/Université Victor Ségalen, Bordeaux) vient de révéler, pour la première fois, l'existence d'une interaction au niveau cellulaire entre informations cognitives et informations motrices. Cette découverte constitue le chaînon manquant entre les travaux sur les processus de prise de décision et ceux relatifs au versant exécutif de l'acte moteur. Elle marque une avancée primordiale dans la compréhension du rôle physiologique des noyaux gris centraux (1) et, plus particulièrement, de la maladie de Parkinson. Ces travaux sont publiés le 31 janvier dans The Journal of Neuroscience.
Nouvelles recommandations contre une infection opportuniste majeure : la cryptococcose
La cryptococcose occupe le 2ème rang des infections opportunistes fatales chez les patients infectés par le virus du sida (VIH) et profondément immunodéprimés. Une étude prospective multicentrique, aujourd'hui publiée dans PLoS Medicine, a été menée en France par des chercheurs de l'Institut Pasteur et du CNRS chez des patients atteints par cette infection. Elle met en évidence un certain nombre de facteurs de sévérité de la maladie, comme le sexe du patient ou le sérotype infectant. Au vu des résultats, les auteurs proposent une modification dans la prise en charge thérapeutique des personnes souffrant de cryptococcose.
NARVAL : le premier observatoire du magnétisme des astres
NARVAL, un spectropolarimètre stellaire, vient d'être installé sur le Télescope Bernard Lyot de 2 mètres de diamètre (TBL : INSU-CNRS) au sommet du Pic du Midi. Comme ESPaDOnS, qui équipe le Télescope Canada-France-Hawaii (INSU-CNRS, NRC, Université d'Hawaii) et dont il est le frère jumeau, c'est un instrument astronomique spécialement conçu et optimisé pour étudier les champs magnétiques des astres, et en particulier leurs effets sur la vie des étoiles et des planètes qui les entourent. Grâce à NARVAL, le Télescope Bernard Lyot devient le premier observatoire au monde dédié à ces études. Et comme le Soleil se couche sur Hawaii quand il se lève sur les Pyrénées, NARVAL et ESPaDOnS, lorsqu'ils travaillent de concert, ne perdent plus une miette des secrets de la vie magnétique des étoiles !
Le plan d'attaque des lymphocytes T contre les tumeurs
Notre système immunitaire peine à éliminer efficacement les tumeurs. Décrypter les stratégies qu'il met en place permettra d'accroître son effet sur les cellules tumorales et par conséquent les perspectives cliniques de l'immunothérapie anticancéreuse. A l'Institut Curie, grâce à l'utilisation de la microscopie à deux photons, des chercheurs de l'Inserm et du CNRS viennent de montrer, pour la première fois, in vivo et en temps réel, la manière dont les lymphocytes T infiltrent une tumeur solide pour la combattre. Méthodiques, ces « défenseurs » encerclent les positions ennemies et « patrouillent » jusqu'à rencontrer une cellule tumorale, qu'ils ont au préalable appris à reconnaître. Là, ils s'arrêtent pour l'éliminer, avant de reprendre leur ronde. La vitesse de progression élevée des lymphocytes T signe soit l'absence de l'adversaire, soit la défaite du système immunitaire sur le champ de bataille. Ce scénario est publié dans The Journal of Experimental Medicine.
Le génome des diabétiques élucidé grâce aux puces à ADN
Le génome des diabétiques de type 2 (DT2) a été élucidé, pour la première fois au monde, grâce à l'utilisation de nouvelles technologies utilisant des puces à ADN capables d'étudier 400 000 mutations de l'ADN à la fois. De nouveaux gènes prédisposant au DT2 ont été identifiés, notamment le transporteur du Zinc (ZnT8) des cellules pancréatiques sécrétrices de l'insuline qui pourrait devenir une cible thérapeutique. Ce travail mené dans la population française est le fruit d'une collaboration franco-anglo-canadienne entre les équipes dirigées par Philippe Froguel (CNRS, Université Lille 2, Institut Pasteur, Imperial College de Londres) et Rob Sladek de l'Université McGill (Montréal). Environ 70% du risque génétique de DT2 est expliqué par ces nouvelles découvertes, qui sont publiées dans la revue Nature, en ligne le 11 février 2007. Elles ouvrent des perspectives préventives et thérapeutiques totalement nouvelles.
Une clef de la fertilité masculine
Jusqu'à présent, seules des mutations du récepteur de l'hormone LH (1) permettaient d'expliquer une puberté précoce chez les garçons. Une équipe de l'Institut de génétique et biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC, CNRS / Inserm / Université Louis Pasteur de Strasbourg), en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Dallas et de l'Université de Louvain, vient d'identifier un régulateur clef de la fertilité masculine : la protéine SHP (2). Son implication majeure dans le contrôle de la synthèse de la testostérone et dans la différenciation des cellules germinales au sein des testicules de souris a ainsi été mise en évidence. Ces travaux publiés, dans la revue Genes & Development, suggèrent que les voies de signalisation contrôlées par SHP méritent d'être explorées chez les hommes présentant des troubles de la fertilité.
