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Prise de décision : mise en évidence d'un lien entre cognition et exécution

Une équipe de chercheurs du laboratoire "Mouvement, adaptation, cognition" (CNRS/Université Victor Ségalen, Bordeaux) vient de révéler, pour la première fois, l'existence d'une interaction au niveau cellulaire entre informations cognitives et informations motrices. Cette découverte constitue le chaînon manquant entre les travaux sur les processus de prise de décision et ceux relatifs au versant exécutif de l'acte moteur. Elle marque une avancée primordiale dans la compréhension du rôle physiologique des noyaux gris centraux (1) et, plus particulièrement, de la maladie de Parkinson. Ces travaux sont publiés le 31 janvier dans The Journal of Neuroscience.

Nouvelles recommandations contre une infection opportuniste majeure : la cryptococcose

La cryptococcose occupe le 2ème rang des infections opportunistes fatales chez les patients infectés par le virus du sida (VIH) et profondément immunodéprimés. Une étude prospective multicentrique, aujourd'hui publiée dans PLoS Medicine, a été menée en France par des chercheurs de l'Institut Pasteur et du CNRS chez des patients atteints par cette infection. Elle met en évidence un certain nombre de facteurs de sévérité de la maladie, comme le sexe du patient ou le sérotype infectant. Au vu des résultats, les auteurs proposent une modification dans la prise en charge thérapeutique des personnes souffrant de cryptococcose.

NARVAL : le premier observatoire du magnétisme des astres

NARVAL, un spectropolarimètre stellaire, vient d'être installé sur le Télescope Bernard Lyot de 2 mètres de diamètre (TBL : INSU-CNRS) au sommet du Pic du Midi. Comme ESPaDOnS, qui équipe le Télescope Canada-France-Hawaii (INSU-CNRS, NRC, Université d'Hawaii) et dont il est le frère jumeau, c'est un instrument astronomique spécialement conçu et optimisé pour étudier les champs magnétiques des astres, et en particulier leurs effets sur la vie des étoiles et des planètes qui les entourent. Grâce à NARVAL, le Télescope Bernard Lyot devient le premier observatoire au monde dédié à ces études. Et comme le Soleil se couche sur Hawaii quand il se lève sur les Pyrénées, NARVAL et ESPaDOnS, lorsqu'ils travaillent de concert, ne perdent plus une miette des secrets de la vie magnétique des étoiles !

Le plan d'attaque des lymphocytes T contre les tumeurs

Notre système immunitaire peine à éliminer efficacement les tumeurs. Décrypter les stratégies qu'il met en place permettra d'accroître son effet sur les cellules tumorales et par conséquent les perspectives cliniques de l'immunothérapie anticancéreuse. A l'Institut Curie, grâce à l'utilisation de la microscopie à deux photons, des chercheurs de l'Inserm et du CNRS viennent de montrer, pour la première fois, in vivo et en temps réel, la manière dont les lymphocytes T infiltrent une tumeur solide pour la combattre. Méthodiques, ces « défenseurs » encerclent les positions ennemies et « patrouillent » jusqu'à rencontrer une cellule tumorale, qu'ils ont au préalable appris à reconnaître. Là, ils s'arrêtent pour l'éliminer, avant de reprendre leur ronde. La vitesse de progression élevée des lymphocytes T signe soit l'absence de l'adversaire, soit la défaite du système immunitaire sur le champ de bataille. Ce scénario est publié dans The Journal of Experimental Medicine.

Le génome des diabétiques élucidé grâce aux puces à ADN

Le génome des diabétiques de type 2 (DT2) a été élucidé, pour la première fois au monde, grâce à l'utilisation de nouvelles technologies utilisant des puces à ADN capables d'étudier 400 000 mutations de l'ADN à la fois. De nouveaux gènes prédisposant au DT2 ont été identifiés, notamment le transporteur du Zinc (ZnT8) des cellules pancréatiques sécrétrices de l'insuline qui pourrait devenir une cible thérapeutique. Ce travail mené dans la population française est le fruit d'une collaboration franco-anglo-canadienne entre les équipes dirigées par Philippe Froguel (CNRS, Université Lille 2, Institut Pasteur, Imperial College de Londres) et Rob Sladek de l'Université McGill (Montréal). Environ 70% du risque génétique de DT2 est expliqué par ces nouvelles découvertes, qui sont publiées dans la revue Nature, en ligne le 11 février 2007. Elles ouvrent des perspectives préventives et thérapeutiques totalement nouvelles.

Une clef de la fertilité masculine

Jusqu'à présent, seules des mutations du récepteur de l'hormone LH (1) permettaient d'expliquer une puberté précoce chez les garçons. Une équipe de l'Institut de génétique et biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC, CNRS / Inserm / Université Louis Pasteur de Strasbourg), en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Dallas et de l'Université de Louvain, vient d'identifier un régulateur clef de la fertilité masculine : la protéine SHP (2). Son implication majeure dans le contrôle de la synthèse de la testostérone et dans la différenciation des cellules germinales au sein des testicules de souris a ainsi été mise en évidence. Ces travaux publiés, dans la revue Genes & Development, suggèrent que les voies de signalisation contrôlées par SHP méritent d'être explorées chez les hommes présentant des troubles de la fertilité.

Coup de chaud sur le toit du monde

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) vient de rendre les conclusions de son 4e rapport, réaffirmant l'existence d'un réchauffement climatique moyen de 0,74°C depuis un siècle. Toutefois, certaines régions du globe, comme l'Asie centrale, demeurent très peu documentées. Une nouvelle étude menée par des chercheurs français du laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (LGGE, CNRS / Université Joseph Fourier, Grenoble) et du laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE / IPSL, CEA / CNRS / Université de Versailles Saint-Quentin), en collaboration avec des chercheurs chinois, russes et américains, apporte des preuves que ce réchauffement récent a aussi affecté les neiges éternelles du Mont Everest, au cœur de l'Himalaya. Ce résultat a été publié le 7 février 2007 dans le journal européen Climate of the Past.

Un mécanisme d'amplification du changement climatique

Lors des derniers 90 000 ans, des périodes chaudes et froides de quelques milliers d'année ont alterné, entraînant une modification de la circulation océanique globale. A l'aide d'indicateurs paléoclimatiques et paléo-océanographiques, des chercheurs du CEREGE (1) ont mis en évidence un mécanisme de rétroaction de la circulation océanique sur le climat, qui renforce le réchauffement ou le refroidissement. Ce mécanisme repose sur un lien étroit entre la circulation Atlantique Nord et l'hydrologie tropicale de l'Amérique centrale. Ces travaux, publiés dans la revue Nature du 22 févier 2007, doivent permettre de mieux comprendre, et donc de mieux prévoir, les effets du changement climatique sur la circulation océanique.

La bioluminescence au service d'une nouvelle technique d'imagerie cérébrale

Une nouvelle technique d'imagerie neuronale fonctionnelle, in-vivo, en bioluminescence, basée sur une protéine de fusion GFP-aequorin vient d'être développée par l'Unité d'embryologie moléculaire (CNRS / Institut Pasteur) en collaboration avec le Laboratoire de neurobiologie cellulaire et moléculaire (CNRS) et le Laboratoire neurobiologie de l'apprentissage, de la mémoire et de la communication (CNRS / Université Paris-sud). Cette technique d'imagerie permet de suivre l'activité neuronale, plus spécifiquement l'activité calcique, en temps réel, in-vivo, sur un petit groupe de neurones, ou sur l'ensemble du cerveau.

Sous le manteau, les atomes

À 2 900 kilomètres de profondeur, la couche frontière entre le manteau et le noyau terrestre intrigue les géophysiciens, car ils ne savent pas expliquer les données sismiques qui en sont issues. Des chercheurs du Laboratoire de structure et propriété de l'état solide (CNRS/Université Lille 1/ Ecole nationale supérieure de chimie de Lille) ont étudié sa déformation, qui influence les mouvements de convection au sein du manteau, voire celui des plaques tectoniques. Malgré l'inaccessibilité de cette couche et les conditions extrêmes qui y règnent, ils ont réussi à modéliser les défauts responsables de sa déformation. Ce résultat, obtenu grâce à une approche nouvelle alliant calcul numérique et mécanique quantique, est un premier pas dans la modélisation de la déformation de la couche et de ses conséquences sur le manteau. Il est publié dans la revue Nature du 1er mars.