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Hépatite C : identification d'une protéine bloquant le virus

Des chercheurs du Laboratoire Hépatite C de l'Institut de Biologie de Lille (CNRS/Universités Lille 1 et 2/Institut Pasteur de Lille) en collaboration avec l'unité 602 Inserm et un laboratoire de l'Université de Stanford, ont mis en évidence une protéine(1) bloquant le virus de l'hépatite C dans une étape précoce de son cycle infectieux. Ces travaux, soutenus par l'ANRS, sont publiés le 2 avril 2008 dans la revue PLoS ONE. Ils laissent entrevoir de nouvelles perspectives dans le développement de thérapies visant à bloquer le virus avant qu'il n'entre dans la cellule.

Mieux comprendre la trajectoire des ouragans grâce aux bulles de savon

Des chercheurs du Centre de physique moléculaire optique et hertzienne (CPMOH) (CNRS/Université Bordeaux 1) et de l'Université de la Réunion(1) ont découvert que des tourbillons créés dans des bulles de savon se comportent... comme de vrais cyclones ou ouragans dans l'atmosphère. Des bulles de savon qui leur ont permis également pour la première fois de caractériser la composante aléatoire régissant le mouvement et les trajectoires des tourbillons : ces résultats publiés le 07 avril 2008 sur le site de la revue Physical Review Letters pourraient permettre de mieux comprendre ces phénomènes atmosphériques de plus en plus nombreux et bien souvent dévastateurs.

Quand le synchrotron révèle le monde fossile caché dans l'ambre opaque du Crétacé

Plus de 350 inclusions animales viennent d'être découvertes dans de l'ambre complètement opaque issu de sites de Charentes datant du milieu du Crétacé (environ 100 millions d'années). Cette découverte a été effectuée par des chercheurs du Laboratoire Géosciences Rennes (CNRS/Université de Rennes) et du Laboratoire de paléoentomologie du Muséum national d'histoire naturelle de Paris (CNRS/MNHN) grâce à une technique mise au point à l'ESRF . Les rayons X très intenses de la source de lumière européenne ont permis de scanner deux kilogrammes de cette résine fossile et de révéler la présence d'insectes et d'autres petits animaux (acariens, araignées, crustacés) dans les morceaux d'ambre. La technique utilisée à l'ESRF(1) est le seul moyen actuellement disponible pour visualiser et donc étudier de telles inclusions. Ces travaux seront publiés dans Microscopy and Microanalysis en juin 2008.

Réparer un cerveau lésé par des connexions neuronales mieux ciblées

Des chercheurs du laboratoire Neurobiologie des Processus Adaptatifs (CNRS/Université Pierre et Marie Curie) ont montré qu'il est possible de réparer un cerveau lésé après un traumatisme en créant des connexions neuronales nouvelles en petit nombre mais bien ciblées, plutôt que plus nombreuses mais non spécifiques. Les tests comportementaux montrent que ces connexions peuvent ainsi restaurer les fonctions cérébrales endommagées. Ces résultats, déjà en ligne sur le site de la revue Brain, sont publiés le 1er avril 2008.

Vieillissement des alliages : une mayonnaise qui tombe plus vite que prévu

Pourquoi certains composants électroniques subissent-ils des pannes irréversibles spontanées ? Pourquoi certaines pièces mécaniques, sans usure apparente, rompent-elles ? Ces questions ont trouvé un début de réponse concrète grâce aux observations et mesures menées par des chercheurs français (1) (CEMES / CNRS), associés à des équipes étrangères (2). En effet, pour la première fois, ils ont réussi à suivre en direct un des processus accélérant le vieillissement des alliages. Leurs résultats démontrent explicitement que la présence de certains défauts dans les alliages provoque une séparation plus rapide de leurs composés. Cette découverte devrait permettre de mieux prévoir la durée de vie des composants électroniques. Leurs travaux sont publiés dans la revue Science du 21 mars 2008.

Des nanoparticules biphotoniques pour une meilleure détection des cellules tumorales

Des chercheurs de plusieurs laboratoires associés au CNRS (1) ont réussi à synthétiser des nanoparticules poreuses, capables d'absorber l'énergie de deux photons dans le proche infrarouge et de réémettre par fluorescence un rayonnement utilisé pour l'imagerie médicale. Ces nanoparticules biphotoniques devraient permettre une détection plus précise des cellules tumorales et à terme un traitement plus ciblé. Ces résultats, déjà en ligne sur le site de la revue Chemistry of Materials, sont publiés le 25 mars 2008.

Nanoélectronique : les chercheurs observent en direct la compression de la lumière

Une équipe de chercheurs du CEA(1) et de l'Université de Technologie de Troyes associée au CNRS(2) a visualisé, au microscope, des plasmons à la surface de conducteurs mesurant 30 nanomètres. L'utilisation de ces plasmons, signaux à la limite de l'électronique et de l'optique, devient, à cette échelle, un enjeu important pour la miniaturisation recherchée des circuits électroniques. C'est la première fois que des images d'une telle résolution sont obtenues pour ces phénomènes étudiés depuis une dizaine d'années. Cette observation fait l'objet d'une publication dans Nano Letters du 12 mars 2008.

Une protéine thérapeutique de nouvelle génération pour le traitement de l'anémie

Un nouveau système de fabrication de la protéine thérapeutique la plus utilisée chez l'homme pour le traitement de l'insuffisance rénale vient d'être mis au point par des chercheurs de l'Institut du Thorax (Inserm, CNRS, Université de Nantes) et de l'institut Universitaire d'Hématologie (Inserm, Hôpital Saint Louis, Paris). Les scientifiques ont réussi à utiliser directement les propriétés des cellules musculaires pour restaurer une synthèse naturelle et durable de l'hormone érythropoïétine ou EPO déficitaire dans l'insuffisance rénale. Une nouvelle méthode qui offre la possibilité de s'affranchir des contraintes de l'utilisation d'EPO « préfabriquée ».
Ce travail est publié dans la revue Human Gene Therapy.

Un système performant de "distribution" de la vitamine C chez l'homme pallie son incapacité à la produire

La vitamine C ou acide ascorbique est essentielle à la vie. C'est un co-facteur de nombreux processus physiologiques et une substance anti-oxydante indispensable à notre organisme. Une carence en vitamine C entraîne le fameux scorbut qui décimait les marins jusqu'à la fin du 18è siècle et reste de nos jours une des causes majeures de malnutrition. Curieusement, la plupart des mammifères sont capables de fabriquer de la vitamine C, sauf les primates supérieurs (dont l'être humain). Cette carence est le résultat de mutations génétiques survenues indépendamment chez ces espèces il y a 40 millions d'années, bloquant la transformation du glucose en acide ascorbique. Les animaux dépourvus de cette capacité de synthèse de la vitamine C doivent donc la puiser dans leur alimentation ; ce qui correspond à un apport journalier d'environ 1mg/kg pour l'homme.

Quand l'évolution tend à maximiser la diversité et le fonctionnement des systèmes écologiques

Des chercheurs du CNRS basés à l'université de Montpellier 2(1) en collaboration avec des chercheurs de l'Imperial College de Londres et de l'université de Liverpool au Royaume Uni(2), viennent de montrer que l'évolution peut conduire à plus de diversité biologique et surtout à un meilleur fonctionnement des systèmes écologiques. Dans le contexte actuel de l'érosion de la biodiversité, ces résultats publiés dans la revue Nature du 13 mars 2008 soulignent l'importance de l'évolution comme force structurante des systèmes écologiques et ouvrent de nouvelles pistes d'interprétation sur la relation entre la diversité du vivant et le fonctionnement des systèmes écologiques.