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Produire bientôt de la peau ou des vaisseaux sanguins ?
Produire des tissus complexes pluricellulaires tels que la peau ou les vaisseaux sanguins peut désormais être envisagé grâce à la conception, par des chercheurs de l'unité « Ingénierie des matériaux polymères » (1) (CNRS / Université Lyon 1 / Université Saint-Etienne / Insa Lyon), d'un bioréacteur à « effet leurre ». Ce nouveau bioréacteur, breveté, permet la culture et la co-culture de cellules de nature différente, une première. Leurs travaux sont publiés dans la revue Nature du 6 mars 2008.
Vers la compréhension de la "double vie" d'un champignon symbiotique des arbres
Un consortium international, coordonné par le Centre INRA de Nancy et impliquant le Département de l'Energie américain, Nancy-Université et le CNRS, publie dans le numéro de "NATURE" du 6 mars 2008, un article sur le séquençage et le décryptage du génome d'un champignon symbiotique, le Laccaria bicolor. Cette avancée permet de comprendre comment les symbioses mycorhiziennes entre arbres et champignons participent à la croissance des arbres et au bon fonctionnement des écosystèmes forestiers. Laccaria bicolor a été choisi pour être le premier champignon mycorhizien séquencé du fait de son importance écologique et agronomique mondiale. Il est d'ailleurs commercialisé en France, sous licence INRA, pour créer des boisements à hautes performances.
Impact du réchauffement climatique sur la feuillaison des forêts boréales eurasiennes
A l'aide de données satellites, des chercheurs issus de laboratoires français(1), anglais, japonais et russes, ont cartographié précisément et à grande échelle la date d'apparition des feuilles des forêts boréales. Ils ont ainsi mis en évidence une avancée remarquable de la feuillaison, apparue entre 1987 et 1990, sur une très large portion de l'Eurasie boréale, traduisant l'augmentation sans précédent de la température printanière depuis 1921. En comparant ces résultats aux précédentes études disponibles, ils ont retracé l'évolution de la feuillaison sur l'ensemble du 20ème siècle. Ces travaux publiés dans le numéro de mars de Global Change Biology permettent de mesurer les conséquences du réchauffement climatique sur ces forêts.
Attention et conscience : des mécanismes cérébraux distincts
Faire attention aiderait à mieux voir ? Pas si vrai que ça ! L'attention et la conscience correspondent à des mécanismes cérébraux distincts : c'est ce que viennent de montrer une équipe de chercheurs CNRS du laboratoire Neurosciences cognitives et imagerie cérébrale (LENA). Ces résultats, publiés le 05 mars 2008 sur le site internet de la revue The Journal of Neuroscience, devraient permettre de mieux préciser les définitions respectives de ces concepts et pourraient à terme aider à différencier les troubles pathologiques de la conscience et de l'attention.
Le fonctionnement des forêts tropicales est-il modifié par les changements climatiques ?
Plus de 2 millions d'arbres en forêts tropicales appartenant à près de 5000 espèces, répartis sur 12 sites et 3 continents, ont été suivis depuis les années 1980. Objectifs de cette étude de grande envergure : analyser la capacité de stockage en carbone des forêts tropicales et mesurer l'effet des changements climatiques sur leur fonctionnement. Ce travail est réalisé par une équipe internationale coordonnée par Jérôme Chave (1), chercheur au CNRS . Leurs résultats, publiés le 4 mars 2008 dans Plos Biology, suggèrent que les forêts tropicales étudiées sont bien des puits de carbone, mais qu'elles semblent réagir principalement à des phénomènes intrinsèques, plutôt qu'aux changements climatiques. Ils montrent la complexité du fonctionnement des écosystèmes forestiers, leur fragilité et l'importance de lutter pour leur conservation.
Un os de rhinocéros géant fossile remet en cause l'isolement de l'Anatolie, il y a 25 millions d'années
Contrairement à ce qui était admis jusqu'ici, l'Anatolie (1) n'était pas isolée géographiquement il y a 25 millions d'années (pendant l'Oligocène) : c'est ce que viennent de montrer des chercheurs du Laboratoire des Mécanismes et Transferts en Géologie (LMTG) (CNRS/ Université Toulouse 3/IRD) et du laboratoire Paléobiodiversité et paléoenvironnements (CNRS/Muséum national d'histoire naturelle/Université Paris 6). Ces résultats ont été obtenus grâce à l'analyse du premier os de rhinocéros géant fossile découvert en 2002 (2) dans un gisement, en Anatolie, lors d'une mission franco-turque d'exploration paléontologique, financée par le programme ECLIPSE INSU-CNRS. La présence de cet os en Anatolie et des restes de faune associés témoigne de migrations animales avec l'Europe et l'Asie : ces résultats publiés en ligne le 29 février 2008 dans la revue Zoological Journal of the Linnean Society remettent en cause l'isolement de l'Anatolie à cette période jusque là considérée comme un archipel.
La mémoire « affective » des lymphocytes T
L'initiation de la réponse immunitaire cytotoxique nécessite une longue « étreinte » entre les cellules de notre organisme chargées de la « lutte » contre les intrus (bactéries, virus, etc), les lymphocytes T, et les cellules dendritiques, chefs d'orchestre de la réponse immunitaire. C'est ce que démontre, images à l'appui –notamment de microscopie à deux photons mise en œuvre par le biophysicien Luc Fetler (1), chargé de recherche Inserm –, l'équipe Inserm de Sebastian Amigorena (2), directeur de recherche CNRS à l'Institut Curie, dans un article publié dans Immunity de février 2008. La rencontre initiatique au cours de laquelle les cellules dendritiques matures présentent leur antigène cible aux lymphocytes T « naïfs », suit une chorégraphie complexe, qui alterne contacts éphémères et étreinte prolongée. Cette équipe montre aujourd'hui que les ruptures de rythme dans les interactions est l'élément clef qui détermine l'efficacité et surtout la pérennité de la réponse immunitaire. Si les contacts courts sensibilisent et activent les lymphocytes T, seul le contact prolongé leur imprime la mémoire de l'ennemi à abattre. Les chercheurs identifient ainsi une nouvelle fonction de la molécule d'adhésion ICAM-1, exprimée par les cellules dendritiques matures. Indispensable au contact prolongé entre les deux types cellulaires, elle sert aussi à installer la mémoire des lymphocytes T cytotoxiques, seule garante d'une défense durable. ICAM-1 s'avère donc être un auxiliaire précieux, notamment dans les stratégies d'immunothérapie, dont l'objectif pourrait être de briser la tolérance de l'organisme vis-à-vis des cellules cancéreuses.
Vers la lumière extrême : projet ELI
Dans le cadre du 7ème PCRD (1), la Commission européenne vient de confier au CNRS la coordination de la phase préparatoire du projet ELI (Extreme Light Infrastructure), dont l'objectif est la construction d'un laser ultra-puissant d'ici 2013/2015. Portée par le Laboratoire d'optique appliquée (LOA), en co-tutelle entre l'Ecole Nationale supérieure de Techniques Avancées (ENSTA), l'Ecole Polytechnique et le CNRS, cette phase préparatoire durera 3 ans. Gérard Mourou, directeur du LOA, est à l'origine de ce projet.
Des caoutchoucs de nouvelle génération aux propriétés autocicatrisantes
Un caoutchouc coupé ou déchiré peut-il être réparé par une simple remise en contact à température ambiante ? Oui ! Répond l'équipe de Ludwik Leibler du laboratoire Matière molle et chimie (CNRS/Ecole supérieure de physique et de chimie industrielles de Paris, ESPCI). A partir d'un système de petites molécules d'acides gras facilement disponibles, associées astucieusement dans un réseau, les chercheurs ont créé un matériau aux propriétés caoutchoutiques capable de s'auto-réparer. Au-delà des caoutchoucs auto-cicatrisants, la chimie proposée par l'équipe du laboratoire Matière molle et chimie est très souple et prometteuse. D'ores et déjà, la société de chimie Arkema, partenaire de cette recherche, développe des produits basés sur cette technologie en vue d'une production industrielle. Ces travaux sont publiés le 21 février 2008 dans la revue Nature.
270 millions d'années-lumière : la plus grande structure de matière noire jamais observée
Une équipe de 19 astronomes français et canadiens a découvert l'existence de structures de matière noire mesurant 270 millions d'années-lumière, soit plus de 2 000 fois la taille de notre Galaxie. Il s'agit des plus grandes structures observées à ce jour. C'est en analysant les images produites dans le cadre du grand relevé du ciel "Canada-France-Hawaii Telescope Legacy Survey" (CFHTLS), que les chercheurs, pilotés par l'Institut d'astrophysique de Paris (1), l'Université British Columbia et l'Université de Victoria, ont observé les effets de distorsions gravitationnelles produits par ces structures cosmiques. Ils ont ainsi découvert comment matière et énergie noires ont participé à la construction et à l'agencement des grandes structures de l'Univers actuel. Publié dans Astronomy & Astrophysics en février 2008, ce résultat offre un éclairage nouveau et sans précédent sur l'histoire de la formation de ces structures et sur les propriétés de cette mystérieuse matière noire, qui est tout de même cinq fois plus abondante dans l'Univers que la matière "ordinaire".
