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La science et les technologies russes au jour le jour

Prévision des séismes/ batterie d'ordinateur/ danger des portables/ Kouriles

Un nouvel algorithme de prévision des séismes

Des chercheurs russes viennent de créer un nouveau modèle décrivant le processus de formation des séismes et permettant de les prévoir, annonce le site inauka.ru, qui rapporte que ces travaux sont exposés dans la dernière édition de la célèbre revue britannique New Scientist.

Ces recherches ont été effectuées sous la direction de Vladimir Kossobokov (Institut international de Moscou de théorie de la prévision des séismes et de géophysique mathématique, relevant de l'Académie des sciences russe). Selon ce scientifique russe, il faut s'attendre, d'ici 2018, à un nouveau puissant séisme du même type que celui ayant entraîné le tsunami qui avait ravagé le littoral de Sumatra, en 2004.

Ce nouvel algorithme, baptisé M8S, repose sur un modèle décrivant le processus de la naissance des séismes et sur le traitement statistique des données des observations sismiques. Il a été élaboré pour établir des prévisions à moyen terme (sur quelques années) des tremblements de terre et peut être appliqué pour des séismes de forces différentes, autrement dit pour un large éventail de magnitudes dans des régions connaissant des activités sismiques diverses. Il repose sur l'analyse rétrospective de la dynamique de l'activité sismique précédant les séismes puissants et très puissants (d'une magnitude supérieure à 8). Les chercheurs ont élaboré des critères significatifs, pour une prévision efficace, indiquant la probabilité qu'une catastrophe se produise.

La toute première confirmation de l'efficacité de l'algorithme M8 (prédécesseur du M8S) a été le très puissant séisme survenu au sud-ouest de Sumatra le 26 décembre 2004: l'algorithme a montré que les risques d'une catastrophe étaient multipliés par 20. Ce séisme a conduit à l'apparition d'un puissant tsunami dans l'océan indien, qui a provoqué de très nombreuses victimes. Les sismologues de l'institut insistent actuellement sur l'activation de précurseurs de séismes dans 124 des 262 arrondissements d'étude, dans un rayon de 3.000 km.

Les chercheurs russes ont établi que les séismes les plus puissants ont une cyclicité bien marquée. En outre, leur puissance croît en fin de cycle. Au XXe siècle, par exemple, les quatre plus gros séismes se sont produits dans un intervalle de temps relativement court. Il s'agit des séismes du Kamtchatka (en 1952, de force 9), des îles Andreanov, en Alaska (1957, 9,1), du Chili (1960, 9,5) et du détroit du Prince Williams, en Alaska (1964, 9,2). Les spécialistes estiment qu'un tel "tir groupé" aurait été extrêmement improbable en l'absence de lien entre ces événements.

Concernant le début du XXIe siècle, Vladimir Kossobokov pense, rapporte l'Agence TASS, qu'il se produira d'ici 2018 un important séisme, comparable à celui ayant frappé Sumatra en 2004. Son épicentre pourrait se situer dans l'une des cinq régions suivantes: frontière occidentale entre les Etats-Unis et le Canada, Chili, Cachemire, Sumatra, océan Indien (à proximité des îles Andaman).

Une batterie pour ordinateurs portables d'une autonomie de 10 heures

Des chercheurs russes ont élaboré, sur la base des nanotechnologies, une batterie d'une autonomie de 10 heures pour ordinateurs portables. Sa production en série, dans le cadre d'un projet international, devrait démarrer dès la fin de 2009.

Le concepteur de ce produit, le professeur Lev Troussov, directeur général de l'association Aspekt, a apporté des précisions sur cette innovation à l'occasion du deuxième Forum international "Technologies hydrogène pour le monde en développement", qui s'est tenu en avril à Moscou. "Nous passons actuellement à l'élaboration et à l'organisation de la production d'une source autonome de courant pour les ordinateurs portables. Cette source doit fonctionner 10 heures non-stop en délivrant une puissance de 20 watts, a-t-il affirmé. Il s'agit d'une grande révolution tant sur le plan scientifique et technique que sur le plan du marché, une révolution qui repose sur des développements russes."

Ces nouveaux blocs d'alimentation sont créés sur la base de la technologie des éléments combustibles (ou pile combustible). Ils se différencient des batteries traditionnelles en ceci que la matière permettant la réaction électrochimique est fournie de l'extérieur. Ces éléments peuvent donc fonctionner aussi longtemps qu'on le souhaite (en fait, tant qu'on alimente la réaction avec une matière donnée, généralement du méthanol ou de l'hydrogène). Ils ne nécessitent donc pas d'être rechargés, contrairement aux accumulateurs classiques.

L'une des principales composantes des piles à combustible est la membrane poreuse et son catalyseur, à l'aide duquel s'opère la réaction entraînant la dissociation du combustible et la production de courant. Plus les pores de cette membrane sont petits, plus grande est la surface de contact du combustible avec le catalyseur, et plus petite peut être la pile.

Les chercheurs russes ont utilisé des nanostructures matricielles poreuses à gradient pour concevoir la membrane de ce bloc d'alimentation. "Il s'agit d'une sorte de mille-feuilles, d'une épaisseur d'environ 200 microns, à l'intérieur duquel on dénombre sept ou huit (ou plus) couches poreuses, la taille des pores allant d'un nanomètre à plusieurs centaines de nanomètres, a précisé Lev Troussov. Cela rappelle un peu une feuille de papyrus, qui est faite elle aussi de nombreuses couches poreuses."

Toutes les grandes sociétés fabriquant des appareils électroniques sont bien conscientes qu'il n'est pas commode, pour les utilisateurs, de devoir fréquemment recharger leurs appareils, ce qui du reste n'est pas toujours possible. Les grands voyageurs le savent bien. "C'est pourquoi la question de la fourniture de sources de courant portatives devient une question essentielle pour ces sociétés", note le chercheur russe.

Le projet de pile à combustible de l'association Aspekt a été retenu par le Partenariat international pour l'économie de l'hydrogène (IPHE) et inclus dans le programme IPHE comme projet international. Des centres scientifiques majeurs de Russie y participent, aux côtés de partenaires étrangers tels que le Laboratoire national de Lawrence Livermore (Etats-Unis), l'Institut Fraunhofer (Allemagne), ou la société CMR (Grande-Bretagne).

Lev Troussov a insisté sur le fait que les concepteurs s'étaient attachés à ce que leur pile à combustible soit sans danger pour les utilisateurs. L'autre objectif poursuivi par les chercheurs était que ces piles soient légères, compactes et de dimensions réduites.

"Ce qui compte aujourd'hui, c'est non seulement d'avoir une source de courant, mais que celle-ci se présente sous une forme intégrée, de telle sorte que le rapport watt/gramme soit important. Sinon, il faudrait un sac à dos pour transporter la source de courant d'un ordinateur portable, a ironisé le chercheur russe."

Selon Lev Troussov, aujourd'hui, le bloc d'alimentation d'un ordinateur portable ne doit pas dépasser 100 à 150 grammes. La fine nanostructure multicouches utilisée par les chercheurs russes permet justement de résoudre le problème de la densité élevée de la structure énergétique par unité de volume. La puissance spécifique de leur batterie est de 180mW/cm2.

Lev Troussov a annoncé que l'usine russe Tenzor et la société américaine Medis technology avaient déjà signé un accord pour organiser la sortie d'un produit en commun dans la cité scientifique de Doubna, où fonctionne une zone économique spéciale. La pile à combustible sera mise en fabrication par tranches, a-t-il précisé. "Nous prévoyons la production de 10.000 unités par mois dès la fin de l'année prochaine, a-t-il indiqué."

Les téléphones mobiles dangereux pour les jeunes

Les enfants et les adolescents sont massivement soumis aux effets, néfastes pour leur santé, du champ électromagnétique des téléphones portables, estime le Comité national russe chargé de la protection contre les rayonnements non ionisants (RNKZNI), dont la position est rapportée par le site annews.ru.

Cette question avait fait l'objet d'une réunion du RNKZNI en mars dernier. La discussion s'est poursuivie, au-delà, pendant deux semaines, à l'issue desquelles a été publiée une résolution spéciale intitulée "Enfants et téléphones mobiles: la santé des générations futures en danger".

Le champ magnétique est un élément de notre environnement qui détermine non seulement la santé, mais aussi, directement, les processus de l'activité nerveuse supérieure, notamment le comportement et la réflexion. Lorsque l'on utilise un téléphone portable, on est soumis aux effets du champ électromagnétique sur notre cerveau, estiment les spécialistes russes.

Ces spécialistes soulignent également que l'absorption d'énergie électromagnétique est beaucoup plus importante s'agissant de la tête d'un enfant que de celle de l'adulte. Les organismes des jeunes sont plus sensibles au champ électromagnétique que ceux des adultes. Le cerveau des enfants a fortement tendance à accumuler les réactions défavorables dans un contexte de rayonnements répétés d'un champ électromagnétique.

En dépit de la recommandation de limiter l'usage des portables chez les personnes de moins de 18 ans, recommandation figurant dans les "Règles et normes sanitaires", les enfants et les adolescents constituent désormais une cible pour le marketing.

Selon les membres du RNKZNI, on peut s'attendre dans un proche avenir, chez les jeunes qui utilisent des portables, aux troubles suivants: affaiblissement de la mémoire, diminution de l'attention, baisse des capacités intellectuelles et cognitives, irritabilité, troubles du sommeil, augmentation des prédispositions à l'épilepsie.

A plus long terme, les personnes qui auront utilisé depuis l'enfance des téléphones portables pourraient souffrir de tumeurs du cerveau et du nerf vestibulocochléaire (vers 25-30 ans), de la maladie d'Alzheimer, d'une "faiblesse d'esprit", d'un syndrome dépressif et autres manifestations de dégénérescence des structures nerveuses du cerveau (vers 50-60 ans), estiment les membres du RNKZNI. Le site annews.ru ne précise pas s'il existe, selon cet organisme, un "seuil de tolérance" en deçà duquel ces appareils pourraient tout de même être utilisés sans danger.

Poursuite de l'étude du biotope des îles Kouriles

Des chercheurs russes, américains et japonais vont réaliser cet été la troisième étape du projet commun "Biotope des Kouriles".

Le projet "Biotope des Kouriles" a été engagé en 2006 et doit s'étaler sur cinq ans, a rappelé Valéri Choubine, chef du laboratoire d'archéologie du Musée ethnographique régional d'Etat de Sakhaline, à quelques semaines du départ de la troisième expédition dans ces îles dans le cadre de cette initiative. Outre des membres de son musée, ces expéditions incluent, entre autres, des vulcanologues, des écologistes, des géologues et des géophysiciens.

"Cette année, a indiqué Valéri Choubine, nous consacrerons l'essentiel de notre attention à l'étude des petites îles, aujourd'hui inhabitées, d'Ekarma, Tchirinkotan et Onékotan, ainsi que de l'archipel d'Ouchichir et de l'île de Brouton. Nous y avions découvert, l'an dernier, des signes de la présence de colonies de peuplement anciennes de la culture okhote et de la culture de l'épidziomon (1er millénaire et début du 2e millénaire). Nous allons procéder aux mesures des monuments, établir leur appartenance culturelle et les dater."

Cette nouvelle expédition durera environ 45 jours. Elle comprendra quelque 35 à 40 chercheurs du Musée ethnographique de Sakhaline, des Universités de Washington et d'Hokkaido, de l'Institut de géologie et géophysique marines de la Section extrême-orientale de l'Académie des sciences russe, de l'Institut de volcanologie et de sismologie de Petropavlovsk-Kamtchatski, de l'Institut de géographie du Pacifique (Vladivostok), de l'Institut Ioffé (Saint-Pétersbourg), et d'autres établissements relevant de l'Académie des sciences russe.

Valéri Choubine a souligné l'intérêt particulier porté par les chercheurs étrangers à la réalisation de ce projet. A la différence des chercheurs russes, qui connaissent déjà assez bien les Kouriles, leurs partenaires étrangers découvrent totalement ces contrées. Nous sommes toujours très contents de voir briller l'oeil de nos collègues américains, pour qui les Kouriles sont une totale découverte, a noté le scientifique russe.

source : Ria Novosti

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