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Médecine/ supercalculateurs/ incendies
Un gel pour traiter les blessures par balles
Des chercheurs russes ont compris pourquoi des nécroses se forment autour des blessures par balles. Ils ont élaboré un remède pour lutter contre ces nécroses et d'autres affections comparables, rapporte le site informnauka.ru.
Les blessures provoquées par les armes à feu modernes ne consistent plus simplement en un trou dans le corps, comme c'était le cas durant la Seconde Guerre mondiale, par exemple. Autour du trou, du tissu perforé par une balle très rapide, instable, se forme aujourd'hui une cavité plus ou moins importante avec, à l'intérieur de celle-ci, du sang, un amas informe de cellules, des fragments de peau et de vêtements, et, tout simplement de la boue. Mais le pire est ce qui se crée autour de la blessure proprement dite : un tissu meurtri, "traumatisé", voué à une nécrose dans les six heures, autrement dit voué à la mort.
Sous la direction de Vladislav Varfolomeev, une équipe de chercheurs de l'Institut des problèmes de physique chimique de l'Académie des sciences russe de Tchernogolovka (région de Moscou) a tenté de comprendre à quoi est due cette nécrose secondaire, qui oblige les chirurgiens non seulement à "nettoyer et recoudre", mais aussi à éliminer du tissu autour de la blessure. Ils y sont parvenus, et ont imaginé alors un moyen de lutter contre cette nécrose secondaire. Ils proposent un remède extrêmement efficace - un gel - utilisable également dans d'autres circonstances.
Les chercheurs ont émis l'hypothèse que la nécrose secondaire des tissus (quand un tissu qui semble vivant commence à "mourir" autour d'une blessure) n'est pas seulement la conséquence d'une infection, d'une perturbation de la circulation sanguine, d'un œdème. Ils se sont demandé si la cause ne devait pas être recherchée dans la destruction de molécules en raison de la baisse considérable, instantanée de la tension dans la zone autour du trou. Beaucoup de choses deviendraient alors claires : les "éclats" de molécules sont en effet des radicaux, lesquels peuvent parfaitement détruire les membranes cellulaires et devenir ainsi la cause d'une "mort différée". Encore fallait-il prouver la justesse de ces hypothèses.
C'est à quoi les chercheurs de Tchernogolovka se sont employés. Ils ont procédé à des tests sur l'animal, en prenant toutes les précautions requises. Ils ont ainsi pu mesurer la quantité de radicaux libres dans les tissus autour des blessures durant de longues périodes après la frappe de la balle. Ils ont utilisé pour ce faire une méthode traditionnelle, la résonance paramagnétique électronique (RPE).
Il s'est avéré que dans les spectres de la RPE apparaissait effectivement un puissant signal étranger à des tissus normaux. La présence de ce signal (si on néglige certaines données physico-chimiques complexes) a non seulement confirmé l'hypothèse des chercheurs concernant l'apparition des radicaux libres, mais a permis aussi de déterminer la limite de la zone des modifications secondaires qu'ils provoquent.
D'où la conclusion que si l'on diminue l'activité de ces radicaux, autrement dit si l'on transforme les radicaux actifs en radicaux stables, on peut alors protéger les tissus des affections provoquées par ceux-ci. Pour ce faire, estiment les chercheurs, le di-tret-butyl-phénol, un "piège à radicaux" efficace, convient parfaitement. Lorsqu'il rencontre un radical actif, il se forme une combinaison stable, et ce radical devient stable, autrement dit totalement inoffensif. Cette molécule est un antioxydant connu, déjà utilisé dans des préparations médicamenteuses pour freiner les processus de peroxydation des lipides.
Un moyen actif de lutte contre les nécroses secondaires a donc été trouvé, en la personne de ce di-tret-butyl-phénol, commercialisé sous le nom de "tonarol." Vladislav Varfolomeev et son équipe ont cependant voulu aller plus loin. Ils ont décidé d'ajouter à cette préparation deux composants - de la tactivine (un immunomodulateur) et de la tomycine. Le premier est un polypeptide qui, en gros, permet de renforcer l'immunité. La tomycine, quant à elle, est connue pour son action bactéricide.
Les chercheurs ont éprouvé quelques difficultés à associer ces trois composants au sein d'un même milieu. Le tonarol se dissout en effet très mal, voire pas du tout, dans l'eau, contrairement aux deux autres composants. Ils sont tout de même parvenus à leurs fins en réalisant un gel réunissant ces trois composants. Les tests conduits sur des lapins et des cochons ont dépassé toutes les espérances.
Sur une blessure toute récente, ce gel empêche totalement le développement d'une nécrose secondaire, alors que les blessures traitées avec les moyens habituels (ou non traitées) présentent un aspect assez effrayant : autour du trou dans la chair, la nécrose se développe déjà au bout de quelques heures. Le gel, lui, n'est cependant vraiment efficace que pendant les six premières heures. Ensuite, son efficacité décroît sensiblement. Il faudra donc, conseillent les auteurs de cette découverte, avoir du gel à disposition sur le lieu des combats pour l'appliquer immédiatement.
Ce produit est également efficace dans d'autres circonstances. Il permet de traiter les brûlures, les ulcères trophiques, les gelures et les blessures "ordinaires" en facilitant la guérison ou la cicatrisation. Ce gel ne sera toutefois pas commercialisé dans l'immédiat : il a simplement subi les tests précliniques. Il doit donc encore être testé cliniquement avant de recevoir le feu vert des autorités. Mais il ne fait aucun doute que tel sera le cas.
Supercalculateurs: du nouveau déjà à Rybinsk et demain à Moscou
L'usine de moteurs NPO Saturn de Rybinsk (au nord de Iaroslavl, sur la Volga), a lancé cet été le plus puissant ordinateur industriel de Russie et même de toute la CEI, rapporte le site inauka.ru. L'Université d'Etat de Moscou (MGOu) disposera, elle, en 2010 du plus puissant ordinateur universitaire au monde, annonce pour sa part RIA Novosti.
14.500 milliards d'opérations à la seconde en virgule flottante, 1 344 processeurs quadricoeurs, regroupés au sein d'un même système : le nouveau superordinateur mis en service à l'usine NPO Saturn de Rybinsk a de quoi séduire les ingénieurs les plus exigeants. Il s'agit de la machine la plus puissante existant à ce jour dans une entreprise en Russie et même dans toute la Communauté des Etats indépendants (CEI). La société NPO Saturn fabrique, rappelons-le, les moteurs de tous les avions civils et militaires russes prometteurs. C'est à l'aide de cet ordinateur que l'on escompte finaliser le nouveau moteur des chasseurs de cinquième génération.
Baptisé AL-100 en l'honneur du grand constructeur de moteurs d'avions russe que fut Arkhip Lioulka (1908-1984), le superordinateur de l'usine NPO Saturn fait partie des plus grosses machines de ce type existant en Russie.
L'apparition de ce nouvel ordinateur nous ouvre des possibilités inédites en matière de calcul, a déclaré aux Izvestia le directeur technique et constructeur général de Saturn, Mikhaïl Kouzmenko. Cette machine va nous permettre de réduire de plusieurs fois les délais de conception des moteurs d'avions. Elle sera utilisée pour les calculs d'ingénierie gazodynamiques, acoustiques et de résistance. Elle nous donnera la possibilité de choisir les composantes optimales des moteurs avant même que ceux-ci ne soient placés "pour de vrai" sur les bancs de test.
Le premier superordinateur de NPO Saturn a été mis en service en 2005. Il a servi à créer le moteur SaM-146 pour l'appareil civil prometteur qu'est le Sukhoï SuperJet. Il a permis de réduire les délais de création de ce moteur de 10 à 4 ans. Le nouveau supercalculateur lancé l'été dernier à l'usine de Rybinsk a une productivité et des possibilités de plus de 20 fois supérieures à son prédécesseur. Grâce à lui, on pourra réduire encore la durée des travaux de conception tout en améliorant la précision des calculs analytiques, a souligné le constructeur général Kouzmenko.
NPO Saturn espère que ce nouvel ordinateur pourra être utilisé pour élaborer le moteur du chasseur de cinquième génération créé par la firme Sukhoï. L'assemblage de cet avion a déjà commencé. Son premier vol est prévu en 2009. Mais pour l'instant n'est prêt qu'un prototype de moteur 117C élaboré sur la base du moteur AL-31F, déjà installé sur les appareils Su-27. Le nouveau moteur doit avoir des caractéristiques nettement meilleures. Saturn avait vraiment besoin pour sa conception de ce superordinateur.
Le nouveau supercalculateur que l'Université de Moscou prévoit d'acquérir d'ici 2010 aura des caractéristiques nettement supérieures à la machine industrielle installée dans l'usine de Rybinsk. Il sera près d'une dizaine de fois plus puissant que celui qu'elle possède déjà, a annoncé au début octobre le recteur de cet établissement, Victor Sadovnitchii. Il a rappelé que le MGOu possédait déjà depuis peu le supercalculateur SKIF, baptisé Tchebychev en l'honneur d'un mathématicien russe du XIXe siècle.
Avec une vitesse de calcul de 60.000 milliards d'opérations à la seconde, soit 60 téraflops, il se situe au troisième rang en Europe, et ne possède d'équivalent ni en Russie, ni dans le reste de la CEI.
Compte tenu que nous maîtrisons bien cette machine, a indiqué Victor Sadovnitchii, nous avons décidé de créer, pour résoudre nos problèmes, un supercalculateur de 500 téraflops. Aucune université au monde ne possède de machine d'une telle puissance. Nous serons les premiers, a affirmé le recteur du MGOu.
Le système de supercalculateur le plus puissant du monde, le complexe Roadrunner, fabriqué par IBM et installé au Laboratoire national de Livermore (Californie, Etats-Unis) a une puissance de 1 300 téraflops, soit 1,3 pétaflop. L'actuel supercalculateur du MGOu figure au 36e rang mondial. Quatre autres supercalculateurs sont d'ores et déjà installés en Russie dans les Universités d'Oufa, de Tcheliabinsk, de Krasnoïarsk et de Tomsk.
Incendies de forêts: l'Europe du Sud a besoin des Be-200
La Russie dispose, avec le Be-200, d'un avion amphibie unique en son genre pour lutter contre les feux de forêts, qui s'est illustré déjà sur bien des terrains en Russie, en Europe, et ailleurs dans le monde, rapporte le site inauka.ru.
Le dernier Salon hydro-aéronautique Guidroaviasalon-2008, qui s'est tenu voilà quelques semaines à Guelendjik (sur la mer Noire), n'a certes pas l'aura internationale du Bourget ou de Farnborough, ou du désormais bien connu MAKS de Moscou. Mais il a la particularité de pouvoir présenter des démonstrations en vol (et sur l'eau) d'hydravions. C'est le seul salon au monde où ces appareils peuvent sortir d'un hangar et aller directement sur l'eau faire étalage de leurs possibilités.
Le produit phare présenté à Guidroaviasalon-2008 était l'avion amphibie Be-200, créé par le constructeur Gueorgui Beriev. Au premier abord, cet appareil est semblable à un autre. Mais c'est en réalité un véritable navire volant. Le Be-200 peut, avec une facilité déconcertante, décoller d'un aérodrome et aller se poser sur un plan d'eau. Et inversement. Le dessous du fuselage de cet avion est réalisé comme celui d'un navire. Ses moteurs sont situés sur la partie supérieure des ailes afin de ne pas prendre l'eau.
Cet hydravion, qui existait déjà à l'époque soviétique, était utilisé alors uniquement comme appareil de débarquement par les forces navales. Aujourd'hui, il a été requalifié en appareil anti-incendie. En quelques minutes, son fuselage peut "absorber" 12 tonnes d'eau, et l'appareil peut alors s'élever dans les airs pour aller déverser sa cargaison sur un foyer d'incendie, même éloigné du lieu de la prise d'eau.
Un simple calcul montre, a expliqué aux Izvestia Mikhaïl Zavali, un des responsables de la société d'exportation Rosoboronexport, que si un incendie se trouve à 200 km du lieu de cantonnement de l'appareil, et si un plan d'eau utilisable se trouve à 10 km du lieu de l'incendie, avec un seul ravitaillement en carburant le Be-200 peut effectuer 25 rotations et déverser sur le foyer jusqu'à 320 tonnes d'eau ! Aucun appareil occidental de lutte anti-incendie n'est capable d'une telle performance. Sans compter que l'avion russe peut également transporter 26 pompiers.
Le Be-200 a déjà fait ses preuves sur le terrain lors d'incendies en Grèce, au Portugal, en Espagne. Il est venu à bout de foyers en Malaisie et en Indonésie. Il est auréolé d'une foule d'appréciations élogieuses, mais il n'a pourtant été acheté par aucun commanditaire étranger. L'explication est toujours la même, note avec amertume Mikhaïl Zavali. Tant que rien ne brûle, on n'a besoin de rien. Et quand il y a un gros incendie, on fait appel à nous !
Les responsables du ministère russe des Situations d'urgence ont proposé aux plusieurs pays à Guelendjik de créer en Europe une escadrille d'au moins six Be-200. Des discussions ont été engagées en ce sens. Les appareils seraient mis en location. Un premier schéma de ce type avait été testé en 2004 en Italie. D'août à la mi-octobre, autrement dit au plus fort de la période des incendies dans ce pays, le Be-200 avait été largement utilisé par le département de la défense civile italienne. Trois pilotes italiens avaient été formés à cet effet. En 2006, un Be-200 a littéralement sauvé le Portugal. De l'avis des spécialistes, la situation y était véritablement catastrophique. Plus de 300 000 hectares avaient déjà brûlé avant que n'interviennent trois avions amphibie russes qui avaient permis de rétablir la situation.
Les experts considèrent que le marché international des hydravions anti-incendie est de l'ordre d'une cinquantaine de machines. Le marché des appareils de ce type pour le transport des passagers et le sauvetage est estimé, quant à lui, entre 150 et 200 appareils. C'est bien peu, semble-t-il. Mais il convient de prendre en compte qu'il s'agit d'un matériel extrêmement spécialisé, qui gagne encore à être connu. Les militaires eux aussi peuvent être intéressés par ces appareils, qui peuvent avoir un potentiel réel à l'exportation. La certification du Be-200 aux normes européennes pourrait être obtenue d'ici la fin 2008, ce qui permettrait d'amorcer des exportations vers l'Europe, a annoncé début octobre le directeur général du bureau d'étude Beriev, Viktor Kobzev.
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