Rétablissement des voies corticales endommagées par greffe de cellules embryonnaire
Une étude menée par l'Institut de physiologie et biologie cellulaires (CNRS, Université de Poitiers), en collaboration avec le Laboratoire de mouvement adaptation cognition (CNRS, Université de Bordeaux 2) et le Laboratoire immunologie et interactions moléculaires (Université de Poitiers) vient de mettre en évidence au sein du système nerveux central adulte, la capacité pour des neurones embryonnaires transplantés de développer des fibres nerveuses jusqu'aux cibles appropriées du cortex moteur de l'hôte. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques dans le cadre de maladies neurodégénératives telles que les maladies de Parkinson, d'Huntington ou d'Alzheimer.
Cette étude s'inscrit dans le cadre de thérapies cellulaires pour le traitement de maladies neurodégénératives. Elle montre la possibilité de restauration des voies motrices endommagées par greffe de cellules embryonnaires. En effet, une lésion au niveau du cortex moteur chez l'adulte entraîne souvent des dommages irréversibles. L'une des approches envisagées pour pallier l'absence de reconstruction spontanée des voies lésées réside dans la transplantation de neurones. Plusieurs équipes ont déjà montré que des neurones transplantés dans le site de la lésion survivent, mais aucune étude n'a mis en évidence que ces neurones greffés développent des fibres nerveuses loin de leur site de transplantation, permettant d'entrer en contact avec d'autres cellules nerveuses de manière significative. Le dogme actuel stipule en effet que le cerveau adulte n'est pas permissif à la repousse axonale des cellules transplantées.
Afin de tester la possibilité de la reconstruction des voies motrices endommagées, les chercheurs ont transplanté des cellules nerveuses embryonnaires corticales, issues de souris transgéniques exprimant une protéine fluorescente, la Green Fluorescent Protein (GFP), au sein du cortex moteur préalablement lésé de souris adultes. L'utilisation de souris transgéniques, dont les cellules expriment la GFP, permet de distinguer le greffon (dont les cellules sont fluorescentes) de l'hôte et de suivre la connectivité des neurones transplantés au niveau de leurs cibles.
Avec cette nouvelle approche expérimentale, ces chercheurs ont montré que des neurones embryonnaires du cortex moteur transplantés au niveau de la lésion chez un receveur adulte, développent des projections vers des cibles normales du site cortical dans lequel il est placé. De plus, ces projections établissent des contacts synaptiques avec les neurones du receveur. Ces résultats montrent pour la première fois que le système nerveux central adulte est permissif à la repousse axonale car des neurones embryonnaires transplantés sont capables d'étendre leurs prolongements vers les cibles appropriées du cortex moteur de l'hôte.
Ainsi, la mise en évidence des potentialités de repousses de fibres nerveuses après la transplantation laisse entrevoir des possibilités de nouvelles stratégies de reconstruction de voies nerveuses centrales lésées, et ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques dans le cadre de maladies neurodégénératives telles que les maladies de Parkinson, d'Huntington ou d'Alzheimer.
Conférence de presse :
Ces travaux de recherche seront présentés, de manière plus détaillée, mardi 11 septembre 2007 à 14h30, au cours d'une conférence de presse qui se tiendra à l'Université de Poitiers, Pôle Biologie-Santé (Campus), avenue Jacques Cœur.
Références :
Reestablishment of damaged adult motor pathways by grafted embryonic cortical neurons, A. Gaillard, L. Prestoz, B. Dumartin, L. Prestoz, A. Cantereau, F. Morel, M. Roger, M. Jaber, Nature Neuroscience, publication en ligne le 2 septembre 2007.
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