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Crash du Boeing 737-800: Le Kenya explore la piste du terrorisme

Nairobi, Kenya (PANA) - L'avion de Kenya Airways qui s'est écrasé samedi dernier, à Douala, au Cameroun, quelques instants après son décollage, n'a pas envoyé de signaux de détresse, contrairement à ce qui avait été avancé, mais ce sont plutôt les contrôleurs aériens de l'aéroport qui auraient lancé des alertes de détresse. Chris Kuto, directeur général de l'Autorité de l'Aviation civile kenyane (KCAA), a déclaré, jeudi à Nairobi, que les contrôleurs aériens de l'aéroport de Douala avaient envoyé un signal de détresse, qui avait été intercepté par un satellite, SARSAT N° 10, à Toulouse, en France, quelques minutes après la disparition de l'avion des écrans radar.

Dans un premier temps, les responsables avaient annoncé que l'avion avait disparu de l'espace aérien en raison du mauvais temps. Ils avaient également relevé qu'un dispositif intégré de l'aéronef avait envoyé un signal de détresse, qui aurait été capté le long de la côte au moment où la disparition de l'appareil avait été constatée.
Cependant, il est apparu que l'avion, doté de dispositifs de localisation d'urgence et automatique, n'a pas réagi de manière normale, ce qui laisse supposer qu'il aurait pu connaître des problèmes techniques. Des bribes d'information ont commencé à filtrer après le début de l'examen des bandes et autres matériels récupérés sur le site du crash, un marécage situé à proximité du village de Mbanga-Pongo, non loin de Douala, le sabotage étant une des théories avancées comme cause éventuelle de la catastrophe.
Les responsables kenyans ont affirmé jeudi que la Marine kenyane avait été déployée à Douala pour participer aux opérations de récupération de l'épave du 737-800, qui s'est écrasé dans une mangrove marécageuse, tuant les 114 passagers qui se trouvaient à son bord. Il ressort des informations communiquées aux journalistes, à Nairobi, que le centre de contrôle aérien de Douala a envoyé le message de détresse du vol KQ 507, message qui a été enregistré par SARSAT, à Toulouse, aux environs de 02 heures 29 environ. L'avion avait décollé à 00 heure 03 locale à peu près, de Douala.
"Les contrôleurs aériens de l'aéroport de Douala ont envoyé le signal après avoir perdu tout contact avec l'appareil pendant 30 minutes. Le signal avait été lancé pour déclencher les recherches afin de retrouver l'avion", a encore indiqué M. Kuto. Cette révélation intervient au moment où les responsables de la compagnie indiquent qu'ils n'excluaient pas la possibilité d'un attentat terroriste contre l'avion, les officiels kenyans s'engageant à faire de telle sorte qu'une "enquête diligente et rapide soit ouverte afin de déterminer les causes du crash". "Les bandes de la Tour de contrôle de l'aéroport de Douala ont été immédiatement saisies, l'équipe des enquêteurs va maintenant comparer les voix avec celles du pilote et des autres agents", a affirmé M. Kuto au cours d'une conférence de presse convoquée à Nairobi.
Les fabricants de l'avion, la compagnie Boeing, basée à Seattle, des responsables du Conseil de sécurité de l'Aviation des Etats-Unis et des responsables camerounais se sont rencontrés mercredi, à Douala, pour décider de la logistique à mettre en place pour les besoins de l'enquête. "La réunion avait pour finalité de définir la démarche à suivre pour procéder à une enquête détaillée", a constaté Tutus Naikuni, directeur général de Kenya Airways. "Nous n'excluons aucune hypothèse dans notre enquête. Des spécialistes ont déjà commencé à examiner ces renseignements, alors veillons à nous abstenir de toute spéculation sur les causes du crash", a précisé M. Naikuni.
Il a confirmé qu'un avion de la Royal Air Maroc avait quitté l'aéroport peu de temps avant l'appareil de Kenya Airways en suivant la même trajectoire de vol. Un avion de Cameroon Airlines avait aussi pris les airs peu après. Le porte-parole du gouvernement kenyan, Alfred Mutua, a affirmé que son pays était pressé d'entrer en possession des conclusions de l'enquête ouverte pour déterminer les causes probables de l'accident. "Nous sommes conscients que de nombreuses questions restent sans réponse. Nous aurions souhaité que l'enquête avance rapidement. C'est important pour les familles de ceux qui y ont perdu la vie", a encore relevé M. Mutua.
"L'analyse technique des renseignements que nous avons recueillis va bientôt commencer. Nous continuons à organiser les indices collectés", a ajouté M. Kuto.
L'appareil de la compagnie Kenya Airways avait décollé de l'aéroport de Douala avant de s'écraser à 5,42 km de distance de la piste, mais les recherches avaient ciblé une zone située à 150 km où, selon les estimations des contrôleurs aériens, l'avion était censé avoir été localisé.

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