L'Europe a mis le cap sur le développement de l'amitié avec ses voisins, qui l'aideront à résoudre son problème d'approvisionnement en énergie, indique jeudi le quotidien Gazeta.
Une politique de bon voisinage sera appliquée "en euro et en actes", via une structure spéciale, le Fonds d'investissement voisinage (FIV), doté d'un budget de 700 millions d'euros jusqu'en 2013, destiné aux projets d'infrastructure dans les secteurs de l'énergie, des transports et de l'environnement. Les principaux pays d'Europe ont déjà versé 100 millions d'euros sur les comptes de ce fonds.
L'Arménie, l'Azerbaïdjan, l'Egypte, la Géorgie, la Jordanie, le Liban, la Moldavie, le Maroc, la Palestine, la Tunisie et l'Ukraine font partie des "voisins", bien que beaucoup de ces pays puissent à peine être considérés comme tels.
Le fait que la Russie soit exclue de cette liste (bien qu'elle ait une frontière commune avec la Finlande et les pays baltes, ainsi qu'une enclave au centre de l'Europe, à savoir la région de Kaliningrad) est bien significatif: la politique de voisinage de la Commission européenne est destinée à défendre ses propres intérêts énergétiques. Par exemple, l'Azerbaïdjan a été inclus dans la liste des voisins, bien qu'il n'ait aucune frontière commune, même maritime, avec l'UE. La raison de cette intégration réside dans les projets de l'Europe visant à utiliser les gisements gaziers de ce pays dans le cadre du projet de gazoduc Nabucco.
L'Ukraine fait partie de cette liste pour les mêmes raisons. La majeure partie du gaz naturel russe exporté vers l'Europe passe par son territoire. Selon Dmitri Vydrine, directeur de l'Institut européen d'intégration et de développement (Kiev), l'initiative de l'Union européenne vise à maintenir la stabilité du transit d'énergie. "Les pays européens sont manifestement préoccupés, appréhendant que la concurrence politique en Ukraine ne perturbe la stabilité du transit de gaz", relève-t-il. "L'Europe a un problème lié à la stabilité des livraisons de produits énergétiques. Et les dirigeants ukrainiens sont la principale source de ce problème", assure Evgueni Mintchenko, directeur général de l'Institut international d'expertise politique. "L'Europe fait des signes à l'Ukraine, pour lui dire: "commencez à travailler normalement, alors vous recevrez des subventions et des crédits bon marché", indique M. Vydrine.
Cependant, les sommes accordées semblent insuffisantes. "Les moyens nécessaires pour moderniser le système de transport de gaz de la seule Ukraine se chiffrent à des milliards d'euros", souligne Evgueni Mintchenko. D'autre part, ajoute-t-il, l'Europe pourrait ouvrir à l'Ukraine l'accès à ses technologies. "Dans les années à venir, dans le contexte du passage à la formule européenne des prix du gaz, le problème des technologies d'économie d'énergie sera essentiel pour l'Ukraine", estime l'expert.
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