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Une équipe de 19 astronomes français et canadiens a découvert l'existence de structures de matière noire mesurant 270 millions d'années-lumière, soit plus de 2 000 fois la taille de notre Galaxie. Il s'agit des plus grandes structures observées à ce jour. C'est en analysant les images produites dans le cadre du grand relevé du ciel "Canada-France-Hawaii Telescope Legacy Survey" (CFHTLS), que les chercheurs, pilotés par l'Institut d'astrophysique de Paris (1), l'Université British Columbia et l'Université de Victoria, ont observé les effets de distorsions gravitationnelles produits par ces structures cosmiques. Ils ont ainsi découvert comment matière et énergie noires ont participé à la construction et à l'agencement des grandes structures de l'Univers actuel. Publié dans Astronomy & Astrophysics en février 2008, ce résultat offre un éclairage nouveau et sans précédent sur l'histoire de la formation de ces structures et sur les propriétés de cette mystérieuse matière noire, qui est tout de même cinq fois plus abondante dans l'Univers que la matière "ordinaire".
La L-Dopa, précurseur de la dopamine(1), est le traitement de référence de la maladie de Parkinson malgré des effets secondaires importants. Des chercheurs du laboratoire "Mouvement, adaptation, cognition" (CNRS / Université Bordeaux 1 et 2) coordonnés par Erwan Bézard (Inserm), confirment aujourd'hui chez l'animal que dès sa toute première administration, la L-Dopa induit des modifications cérébrales irréversibles. Publiés le 13 février 2008 dans Plos One, ces travaux sont le fruit d'une collaboration avec des équipes suédoise et anglaise. Ils ouvrent notamment la voie vers de nouvelles cibles thérapeutiques qui permettraient de continuer à utiliser la L-Dopa, tout en évitant l'apparition de ses effets secondaires.
Les étoiles comme le Soleil cachent sous leur surface un impressionnant mécanisme : la génération de leur champ magnétique. Ces champs magnétiques ressemblent à ceux de simples aimants, si ce n'est qu'ils se retournent régulièrement en échangeant leurs pôles Nord et Sud, tous les 11 ans environ dans le cas du Soleil. Pour la première fois, une équipe internationale d'astrophysiciens(1), conduite par des chercheurs du CNRS, vient de surprendre une autre étoile - tau Bootis A - en train de faire sa galipette magnétique. Pour tau Bootis A, cette bascule magnétique semble être plus fréquente que pour le Soleil. La planète géante en orbite rasante(2) qu'elle héberge, est-elle à l'origine de cet emballement ? Cette découverte, publiée dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, devrait nous aider à mieux comprendre le mécanisme des cycles magnétiques dans les étoiles comme le Soleil.
Un réchauffement de seulement quelques dixièmes de degrés de la surface de la mer constitue une sérieuse menace pour le manchot royal. C'est ce que révèle une étude inédite effectuée par l'équipe d'Yvon Le Maho, directeur de recherche CNRS à l'Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC, CNRS / Université de Strasbourg 1) et membre de l'Académie des sciences. Au moyen d'un dispositif sans équivalent de par le monde, les chercheurs ont, neuf années durant, suivi individuellement plus de 450 manchots royaux dans leur milieu naturel, au sein de l'Archipel de Crozet. Menée dans le cadre des programmes soutenus par l'Institut polaire français Paul-Émile Victor (IPEV), en collaboration avec des scientifiques du Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive(1), de la station biologique de la Tour du Valat, du Muséum national d'histoire naturelle de Paris et de l'Université d'Oslo, ces travaux sont publiés le 11 février dans la revue PNAS.
Des chercheurs de l'Institut Pasteur et du CNRS, en collaboration avec le Centre National de Référence des Légionelles (Inserm) à Lyon, ont comparé le contenu génomique de dizaines de souches de la bactérie responsable de la « maladie du légionnaire ». Leur étude, publiée dans Genome Research, ouvre la voie à la mise au point de tests de diagnostic rapide, qui font aujourd'hui défaut pour la surveillance de l'environnement et donc pour une prévention efficace de la légionellose.
Des chercheurs du CNRS et de l'Institut Pasteur(1), en collaboration avec une équipe pluridisciplinaire et internationale(2), ont étudié l'histoire démographique et génétique des Pygmées et des agriculteurs bantous de l'Afrique centrale. Leur étude suggère que les deux groupes ont commencé à diverger à partir d'une population ancestrale commune il n'y a pas plus de 70 000 ans, puis qu'ils sont restés isolés les uns des autres, avant d'échanger à nouveau des gènes, à partir d'il y a 40 000 ans, par l'intermédiaire de mariages de femmes pygmées avec des hommes agriculteurs. Une fois confirmés par d'autres marqueurs génétiques indépendants, ces résultats serviront de base à l'étude de l'impact de la sédentarisation sur l'évolution du génome et en particulier sur la vulnérabilité ou la résistance à certains agents pathogènes.
Des chercheurs de l'Institut Pasteur et du CNRS publient dans Nature Genetics une étude de génétique des populations humaines menée à l'échelle du génome. Elle a permis d'identifier un ensemble de plus de 580 gènes qui ont vraisemblablement contribué à la diversité morphologique des populations, et à leurs différences en terme de sensibilité aux maladies. Dans ce dernier domaine, le travail des chercheurs ouvre des pistes d'investigation importantes pour l'étude des gènes de prédisposition à différentes pathologies.
L'accélération de l'expansion de l'Univers est un phénomène pour l'instant inexpliqué. Ce mystère pourrait être levé grâce à une nouvelle méthode mise au point par une équipe internationale de chercheurs, dont plusieurs appartiennent à des laboratoires associés au CNRS(1). Pour cela, les scientifiques ont, pour la première fois, mesuré la position et la vitesse de plus de 10 000 galaxies dans l'Univers lointain(2). Cette campagne d'observation a été menée via l'instrument VIMOS(3), dont le responsable est Olivier Le Fèvre, directeur du Laboratoire d'astrophysique de Marseille (LAM, CNRS / Université de Provence / Observatoire astronomique Marseille Provence). Non seulement cette méthode inédite apporte des informations précieuses sur la nature de l'énergie noire, mais elle ouvre aussi de nouvelles perspectives sur l'identification de l'origine de l'accélération cosmique. Elle fait l'objet d'une publication dans Nature le 31 janvier.
Les physiciens d'une collaboration internationale menée par l'IPN d'Orsay(1) et le GANIL(2) ont réussi à comprimer pour la première fois un noyau instable, le Nickel 56. Ce noyau n'existe pas sur Terre mais est présent lors d'explosions d'étoiles en fin de vie (supernovae). Cette percée ouvre la voie à la compression de plusieurs centaines de noyaux exotiques, qui restaient inaccessibles en raison de leur instabilité. Elle permettra de comprendre comment certaines étoiles se compriment avant d'exploser. Ces résultats seront publiés dans Physical Review Letters du 1er février 2008 (accessibles en ligne le 28 janvier 2008)
C'est la fin d'une controverse. Les stromatolites, des roches carbonatées en forme de chou-fleur que l'on retrouve en abondance dans les formations géologiques, y compris celles de plusieurs milliards d'années, sont bien des témoins d'une activité biologique ancienne. C'est ce que viennent de montrer des chercheurs de l'Institut de physique du globe de Paris (CNRS/Université Paris 7), de l'Institut de minéralogie et de physique des milieux condensés (CNRS/université Paris 6, université Paris 7 et IPGP) et de l'Université de Stanford, grâce à des analyses fines de roches de 2,7 milliards d'années obtenues lors de forages en Australie. Auparavant, les plus anciennes traces de minéralisation induites par des microorganismes n'avaient que 350 millions d'années. Ces résultats sont publiés dans la revue Nature Geoscience de février 2008.